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LES CONFÉRENCES DU JEUDI 25 OCTOBRE 2001






    Agnès Bérenger-Badel (Université de Paris IV),
    "Le voyage des gouverneurs à l'époque impériale".

    Deux types de voyages scandent la vie du gouverneur de province à l'époque impériale : celui qu'il accomplit pour rejoindre la province qui lui a été attribuée, et les tournées qu'il doit entreprendre au cours de son séjour dans celle-ci.
    Les premiers posent une série de problèmes liés plus largement aux règles en vigueur dans l'administration romaine, en particulier celui de la date légale d'entrée en fonction des proconsuls, qui conditionnait, si elle existait effectivement, celle du départ de Rome ou du lieu où se trouvait auparavant le futur gouverneur. Les diverses hypothèses à ce sujet méritent d'être réexaminées. Les sources juridiques précisent également un certain nombre de normes qui doivent être respectées, tant à propos de
    l'itinéraire que des limitations somptuaires.
    Dans la mesure où rendre la justice constitue l'une de ses principales activités, le gouverneur consacre une partie importante de son temps à des tournées judiciaires qui le conduisent dans les chefs-lieux de la province, sièges d'assises judiciaires. Ce système devait lui imposer de passer au moins la moitié de l'année en tournées, et limitait singulièrement ses autres champs d'action, surtout dans le cas d'un proconsul, dont la fonction ne durait qu'un an. Il convient de s'interroger sur le fonctionnement
    de ce système, avec sa lourdeur et ses limites, car un nombre parfois considérable d'affaires devait être jugé en l'espace d'un ou quelques jours.
    Les conditions matérielles dans lesquelles les voyages se déroulaient ne sont guère connues, même si certaines notations, en particulier dans la Correspondance de Pline le Jeune, permettent de s'en faire une idée.
    Le voyage est donc inhérent à la fonction de gouverneur, ce qui conduit à s'interroger sur la notion même de capitale provinciale et de résidence habituelle du gouverneur, puisque la durée des séjours de ce dernier y était somme toute limitée.